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Nouvelles et parcelles d'Histoire

Cette rubrique contient des nouvelles, de courts reportages ou des articles plus longs sur des personnes ou des événements se rapportant à l'histoire du Couvent de Saint-Basile, c'est-à-dire de l'Hôtel-Dieu St-Joseph, de ses institutions de santé et d'éducation ou encore d'autres aspects reliés aux Archives des Religieuses Hospitalières de Saint-Basile.




Virginia Bowdoin

Virginia Bowdoin de Floride,
ancienne élève la plus âgée

Plus ancienne élève de l'Académie de l'Hôtel-Dieu toujours vivante en 2003, madame Vriginia Bowdoin (ou Beaudoin), née Marie Marquis, a eu 102 ans le 6 avril 2003. Grâce à Internet et à l'aide de sa fille Doris, elle a réussi à entrer en communication avec son ancien couvent de Saint-Basile, où elle a été élève entre le 3 juillet 1910 et le 28 juin 1912. En effet, Virginia, qui aime beaucoup écrire et s'exprime bien en français et en anglais, entretient depuis quelques années une intéressante correspondance avec soeur Lorraine Soucy, religieuse hospitalière de Saint-Basile.

Madame Bowdoin écrivait en mars 2002 : « Je prends la liberté de vous écrire parce que je suis une de vos orphelines depuis l'année 1908, j'ai demeuré au couvent pour trois années. J'ai passé trois années heureuses et je vous ai jamais oubliés, je rappelle encore clairement. Maintenant, j'arrive à l'age de 101 ans le 6 avril et je pense à St Basile, aux soeurs qui nous ont conduit. Je suis en bonne santé pour mon age. Merci, ma soeur, je suis contente que vous savez que je suis encore ici et je pense à mon couvent. Mon nom est Marie Marquis d'Edmundston. Sincèrement. Maintenant Virginia Beaudoin. »

Un peu de biographie

Madame Virginia Bowdoin est née à Edmundston au Nouveau-Brunswick et était la fille d'Adélard Marquis et d'Amélia St-Onge. Voir extrait du registre de l'orphelinat. Sa mère mourut des fièvres typhoïdes en 1908. C'est alors que la petite Marie fut placée à l'orphelinat par sa grand-mère. Virginia autrefois nommée Marie a conservé un très bon souvenir de son couvent.

À l'age de dix-neuf ans, Virginia a rencontré Hugh Beaudoin (Bowdoin) et de leur mariage sont nés quatre enfants, qui lui ont donné neuf petits-enfants et onze arrière-petits-enfants. Elle habitait seule à Milford au Michigan, mais elle a dû quitter sa maison et son jardinage pour venir habiter chez sa fille Doris à Tampa en Floride, il y a de cela plus de dix-sept ans.

Sr Lorraine a reçu la photo de Virginia avec sa fille, une autre avec ses arrière-petits-enfants Charles et Debora, ainsi qu'une photo de sa statue du Sacré-Coeur. Les passe-temps de Virginia sont les activités physiques, de l'artisanat avec un groupe, beaucoup de correspondance et de la lecture. Dernièrement, elle a formé le projet d'écrire sa vie avec l'aide de sa fille. L'énergie et le goût de vivre dont fait preuve la plus ancienne élève du couvent de Saint-Basile, toujours vivante est tout à fait exemplaire.

© Bertille Beaulieu, 14 juin 2003



 Soeur Rhéa Larose
Peinture par Claude Picard

Soeur Rhéa Larose,
fondatrice du Collège Maillet


Le chant thème « Salut à toi » fut composé vers 1948, par soeur Rhéa Larose, lorsqu'elle était enseignante et directrice de l'Académie de l'Hôtel-Dieu. La mélodie est celle du chant « O, ma Laura », tiré d'un film. Élèves et étudiantes le savaient par coeur et le chantaient tout autant lors de rencontres amicales que dans les grandes circonstances. La devise de l'école et du collège était : « Sois fidèle! »

Soeur Larose était une femme déterminée, une fondatrice mais aussi une artiste. Sa contribution à l'éducation supérieure fut officiellement reconnue, le 24 septembre 1999, alors que le Campus Saint-Louis-Maillet d'Edmundston, constituante de l'Université de Moncton, lui rendait un hommage tangible en donnant le nom de Rhéa-Larose à sa bibliothèque. Lors de cette cérémonie de dédicace, soeur Jeannine Michaud, ancienne directrice de la bibliothèque, et soeur Bertille Beaulieu, alors professeure en études françaises, représentaient la congrégation des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph. Madame Marie Elisa Ferran, qui avait été embauchée par soeur Larose pour enseigner au collège Maillet, présenta ainsi son ancienne directrice.

« Née le 11 novembre 1899 à Ottawa, Rhéa fit des études en pédagogie chez les Soeurs Grises d'Ottawa et travailla dès 1916 pour les ministères de la Défense et des Statistiques du Canada. Attirée par la vie religieuse et le Madawaska, elle entra au noviciat des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph à Saint-Basile en 1926. La connaissance de soeur Maillet et des études en arts et en sciences sociales la transformeront en véritable pionnière.

Femme de son époque, ardente francophone, la jeune institutrice rêve de donner un nouvel espace vital, intellectuel et spirituel aux jeunes filles du Madawaska, en leur offrant le baccalauréat ès arts, à l'égal des jeunes hommes qui s'inscrivent au collège Saint-Louis à Edmundston. En 1949, avec un courage et une ténacité légendaires, soeur Larose fonde le collège Maillet, avec l'appui de sa communauté religieuse de Saint-Basile et en collaboration avec les pères eudistes. Elle est fermement convaincue que les femmes ont droit à la même formation que leurs confrères.

Infatigable, elle participe à la mise sur pied du baccalauréat ès arts, de l'École normale pour religieuses et enfin du baccalauréat en sciences infirmières, sans oublier de nombreuses activités culturelles et artistiques. Jusqu'en 1965, elle sera à la direction du Collège Maillet.

Sa grande détermination est à l'origine de projets éducatifs au Madawaska. L'honneur qui lui est rendu en nommant la Bibliothèque Rhéa-Larose est des plus mérités et s'appuie sur sa contribution au développement des arts et des lettres, sa vision d'un monde où la femme participe au progrès social, sans oublier l'amour des livres et du beau, qu'elle a fait partager à tous et à toutes, que ce soit par la musique, la danse, les arts visuels, le théâtre et la littérature.

Soeur Rhéa Larose a aimé profondément Dieu, sa communauté et le Madawaska. Elle est décédée le 9 janvier 1979 à l'Hôtel-Dieu Saint-Joseph de Saint-Basile. Le nouveau nom de la Bibliothèque Rhéa-Larose perpétuera le souvenir de ses accomplissements et de ceux des Religieuses Hospitalières de St-Joseph. »

© Bertille Beaulieu, 14 juin 2003



Soeur Colette Lemieux

Soeur Colette Lemieux,
ancienne étudiante du Collège Maillet

La voix qui interprète le « Salut à toi », chant-thème de l'Académie de l'Hôtel-Dieu et du Collège Maillet, est celle de soeur Colette Lemieux. Elle l'a appris et chanté souvent lorsqu'elle était étudiante à Saint-Basile, et c'est toujours un plaisir pour ses compagnes et amis de l'entendre chanter ce vieux chant qui rappelle d'heureux souvenirs.

Qui est Colette?

Présentement, soeur Colette Lemieux travaille à Huitzilzingo (Chalco) au Mexique, depuis 1998. Au début de son séjour, elle s'est occupé de la construction et de l'installation de La Casa Hogar San José, qui peut accueillir vingt personnes âgées dans le besoin. Depuis l'ouverture de cette maison, le 6 mars 2000, soeur Colette en est la directrice, mais elle travaille aussi comme infirmière et donne des soins aux bénéficiaires. En juin 2003, la personne la plus âgée a quatre-vingt-dix-sept ans et la plus jeune en a soixante-sept. La plupart n'ont pas de famille, mais il arrive souvent que des bienfaiteurs des environs apportent des aliments et parfois des vêtements.

La Casa Hogar San José est le seul foyer dans la localité, où il y a pourtant de grands besoins. Il s'agit d'une oeuvre privée, entièrement subventionnée par les Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph. Soeur Léona Landry, religieuse hospitalière et infirmière elle aussi, seconde soeur Colette. Les deux sont bénévoles, mais les employés mexicains sont rémunérés.

Tout en s'occupant des résidants de la Casa, soeur Colette continue de mettre à profit ses talents de musicienne, soit par le chant et l'accompagnement à l'église de sa paroisse mexicaine ou en donnant des leçons de piano et de chant à deux jeunes adultes mexicains inscrits aux écoles de musique universitaires de Mexico.

D'où vient soeur Colette?

Soeur Colette est née à New Bedford au Massachussett et elle a deux frères, Jean et Richard, une soeur Simone, une soeur adoptive Ginette et plusieurs neveux et nièces. Son père Gérard Lemieux était originaire de Lévis au Québec, et sa mère Hattie Ouellet venait de Saint-Joseph de Madawaska. Colette avait sept ans, lorsque sa famille vint s'établir à Edmundston en 1945. Elle fut élève pensionnaire au Couvent de Saint-Basile, de la 10e à la 12e année. À l'été de 1956, elle entrait au noviciat des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph, à Vallée-Lourdes, Bathurst.

De retour à Saint-Basile, Colette termina son baccalauréat ès arts au Collège Maillet et poursuivit des études en musique. Elle enseignait alors la musique et dirigeait deux chorales, celle des religieuses et celle des étudiantes. Particulièrement douée pour le chant, soeur Colette suivit des cours chez les Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame à Montréal, puis au Conservatoire de Toronto, où elle eut la chance d'avoir des cours avancés (Master Classes) avec Maureen Forrester. En 1966, soeur Colette s'inscrivait en chant à l'école de musique Vincent d'Indy de Montréal.

En 1967, soeur Colette opte pour la profession d'infirmière. Ses études à l'Hôtel-Dieu de Bathurst terminées, en 1970, elle part pour le Pérou et se dévoue pendant deux ans et demi au dispensaire d'Indiana en Amazonie. De retour au Canada, elle travaille auprès des personnes âgées du Foyer Notre-Dame-de-Lourdes à Bathurst pendant de nombreuses années. Puis, en 1990, Colette se rend à l'Institut de formation en catéchèse biblique de l'Université de Lille en France. Pendant sept ans, soit jusqu'en 1998, elle offre la cours de formation biblique Mess'AJE.

Étant à l'aise autant dans la langue espagnole qu'en français et en anglais, soeur Colette a accepté de rendre service au Mexique. Elle aime beaucoup ses résidants et est heureuse de travailler à Huitzilzingo, où il y a tant à faire.

© Bertille Beaulieu, le 14 juin 2003

 
 

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