Résultats du premier questionnaire

Le Comité de développement durable du nord-ouest du Nouveau-Brunswick a décidé de consulter la population de la région par l’entremise d’une série de deux questionnaires. Le premier voulait faire le point sur l’évaluation de la situation de la région vue sous l’angle du développement durable. Ce questionnaire était en ligne jusqu’au 28 avril dernier. Nous présentons ici les principaux résultats de l’enquête.

Un total de 230 répondants ont participé à l’enquête. De ce total, 10% vit dans la région du Haut-Madawaska, 54% dans la grande région d’Edmundston, 17% dans la grande région de Grand-Sault et 13% dans le Restigouche-Ouest. Quinze répondants (6%) vivent à l’extérieur de la région.

Le premier groupe de questions permettait de mesurer le degré de confiance des répondants en l’avenir de la région. Une première question vérifiait si les travailleurs aimeraient travailler au Nord-Ouest jusqu’à leur retraite. Les travailleurs apprécient la région puisque 89% d’entre eux répondent « oui » à cette question. On leur demandait ensuite s’il prévoyait conserver leur emploi jusqu’à leur retraite. Les travailleurs sont confiants de pouvoir conserver leur emploi. En effet, 77% des répondants prévoient conserver leur emploi jusqu’à leur retraite. À plus long terme, si on demande aux gens ayant des enfants s’ils prévoient que leurs enfants feront carrière dans la région, le degré d’optimisme diminue. Seulement 58% des parents croient que leurs enfants feront carrière dans la région. Ce premier bloc de questions se terminait sur une question permettant de vérifier le niveau d’inquiétude des répondants quant à l’avenir de la région. Ici encore le degré d’optimisme diminue. Plus du trois quarts des répondants (78%) sont inquiets pour l’avenir de la région.

Les prochains blocs de questions portaient sur les différents aspects du développement durable. Le questionnaire vérifie d’abord si les gens trouvent que les problèmes les plus importants de la région sont d’ordre économique, social ou environnemental. Ce sont les problèmes économiques qui inquiètent surtout la population puisque 83% des répondants identifient ce secteur comme le plus problématique. Les secteurs environnemental et social se partagent à peu près également les autres répondants. C’est dans la grande région de Grand-Sault que les problèmes environnementaux inquiètent davantage avec 18% des répondants. Les problèmes sociaux sont considérés les plus importants par 12% des répondants de la grande région d’Edmundston.

Voyons maintenant comment les gens perçoivent la situation de la région sur les plans économique, social et environnemental. La forte majorité des répondants (64%) est insatisfaite de la situation économique de la région. Près de la moitié des répondants (45%) jugent que les problèmes économiques de la région sont similaires à ceux rencontrés ailleurs au pays. Les principaux problèmes identifiés sont, lorsque présentés en ordre alphabétique :

  • achats à l’extérieur de la région,
  • manque de boutiques de qualité,
  • manque d’investissements dans l’énergie éolienne,
  • manque de collaboration entre les entreprises,
  • industrie touristique pas assez exploitée. achats à l’extérieur de la région,
  • concurrence des entreprises internationales,
  • dépendance à l’entreprise Fraser,
  • deuxième et troisième transformations de nos ressources naturelles,
  • éloignement des grands centres et coûts de transport élevés,
  • en retard pour les projets de développement dans l’énergie éolienne,
  • esprit entrepreneurial déficient,
  • exode des jeunes,
  • faible collaboration entre les entreprises,
  • faible développement de l’industrie du savoir,
  • faible diversité des secteurs économiques,
  • hausse des taxes foncières dans certaines municipalités,
  • industrie touristique pas assez exploitée, en particulier l'écotourisme.
  • manque d’emplois (à salaire intéressant) pour personnes qualifiées,
  • manque d’investissements du gouvernement dans la région, favorise plutôt le sud de la province,
  • manque d’investisseurs en général,
  • manque de boutiques de qualité,
  • manque de vision pour le développement économique,
  • nombre élevé de petites municipalités et de districts de services locaux,
  • perception négative des investisseurs étrangers,
  • publicité insuffisante pour la région,
  • salaires trop faibles,
  • trop d’importance accordée à l’industrie forestière et
  • trop d'organismes interviennent dans la planification et on néglige la réalisation des projets.

Lorsqu’on leur demande d’évaluer les politiques gouvernementales, 74% des répondants trouvent que les programmes du gouvernement provincial ne sont pas bien adaptés aux problèmes de la région. Finalement, les répondants sont insatisfaits à 73% du nombre d’emplois disponibles dans la région et à 86% de la qualité des emplois offerts.

Les répondants ne sont pas aussi insatisfaits de la situation sociale dans la région. Malgré tout, la majorité des répondants (60%) demeure insatisfaite de cette situation. Ici encore, 44% des répondants trouvent que nos problèmes sociaux sont semblables à ceux vécus ailleurs au Canada. Lorsqu’on leur demande d’évaluer la qualité des services sociaux offerts, 65% des répondants se disent satisfaits des services de santé et 72% satisfaits des services d’éducation. L’évaluation est moins positive pour les autres services sociaux. En effet, 80% des répondants sont insatisfaits des efforts de lutte à la pauvreté, 55% insatisfaits des services offerts aux personnes âgées et 78% de ceux offerts aux jeunes. Les principaux problèmes sociaux identifiés sont :

  • accès aux services de sports et loisirs,
  • accès aux soins de santé à l’extérieur des villes,
  • augmentation des écarts de revenu entre les riches et les pauvres,
  • besoin de logements pour personnes âgées dans certaines municipalités,
  • consommation de drogues et d’alcool,
  • coût élevé des études postsecondaires,
  • culture américaine envahissante,
  • différentes générations ne travaillent pas ensemble,
  • faible collaboration entre les municipalités,
  • faible niveau d’instruction,
  • financement pour élèves ayant des difficultés d'apprentissage,
  • gens ne s’entraident pas suffisamment,
  • gens ne sont pas assez fiers de la langue française,
  • intégration des immigrants,
  • jeunes ne sont plus intéressés à vivre en milieu rural,
  • manque d’activités culturelles et multiculturelles,
  • manque d’activités pour les jeunes,
  • manque de confiance en nos moyens,
  • manque de leadership,
  • peu de soutien pour les familles à faible revenu et pauvreté,
  • région s’isole du reste de la province,
  • sous financement des services de santé,
  • système d'éducation néglige les emplois de métier et
  • vieillissement de la population et dénatalité.

La situation environnementale inquiète aussi un grand nombre de répondants. La majorité 54% sont insatisfaits de la qualité de l’environnement. Pour 49% des répondants, nous sommes au prise avec les mêmes problèmes qu’ailleurs au pays. Ces problèmes ne se situent pas du côté de la qualité de l’eau puisque 80% des répondants la jugent satisfaisante. La qualité de l’air et nos efforts de recyclage inquiètent les répondants. La majorité des répondants (55%) se déclare insatisfaite de la qualité de l’air. C’est dans la grande région d’Edmundston que le problème est le plus ressenti avec un taux d’insatisfaction de 71%. À titre de comparaison, ce taux n’est que de 17% dans Restigouche-Ouest. Cette insatisfaction s’observe aussi lorsqu’on leur demande de juger nos efforts de recyclage des déchets domestiques (71%) et des déchets d’entreprises (76%). Une imposante liste de problèmes environnementaux est identifiée par les répondants. Elle se résume par les éléments suivants :

  • aucun plan régional de gestion du territoire,
  • aucun service de transport en commun,
  • besoin d’un plan de développement durable,
  • besoin d’un programme de recyclage des déchets,
  • coupe abusive des forêts,
  • érosion des terres agricoles,
  • manque de règlements et politiques sur la protection de l’environnement,
  • manque de sensibilisation aux problèmes environnementaux,
  • pollution de l’air par le chauffage au bois,
  • pollution de l’air par les voitures et camions,
  • pollution industrielle de l’air,
  • protection de l’eau potable,
  • protection des sites naturels,
  • qualité de l’eau dans la rivière Madawaska,
  • respect de la biodiversité et
  • usage de pesticides en agriculture.

Lorsqu’on leur demande si le développement durable de la région dépend d'abord des efforts locaux de développement ou de la performance économique de la province et du pays, 77% des répondants optent pour la première option. Ils considèrent donc que nous avons la capacité d’influencer le développement futur de la région. Cette évaluation est très importante pour l’avenir de la région. Et ce développement futur de la région doit s’appuyer sur une stratégie de diversification de l’activité économique de la région pour 82% des répondants. Elle doit ensuite être déterminée au niveau régional pour 53 % des répondants. Le niveau local est la deuxième option qui obtient le plus de support avec 24% des répondants. Quant aux acteurs les plus importants dans le futur, quatre intervenants se démarquent : les municipalités (25%), la population en général (24%), le gouvernement provincial (23%) et la communauté d’affaires (18%).

Ce premier questionnaire fournit donc une bonne base de départ dans l’identification des problèmes et des choix stratégiques. Le deuxième questionnaire se concentrera justement sur les problèmes de développement durable et les solutions proposées par la population du nord-ouest du Nouveau-Brunswick.

Comité de développement durable du Nord-ouest
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